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A la campagne, la maison est le signe de la communion de l’homme avec la nature. Dans la bourgade de Ciolanesti, sur un vaste terrain vierge, se tient cette lourde baraque roumaine. Sa propriétaire Leana y est née, et des fondations aussi rustiques soient-elles, elle en est la fière gardienne. Luttant contre un climat difficile, la Roumanie est entrée dans l’histoire de l’architecture rurale par sa recherche permanente d’adéquation avec la nature. Alors que les premières maisons étaient faites de bois, les paysans des années 30 ont du faire face à de nouvelles contraintes, et ce, liées à l’agriculture collective. De nouveaux matériaux apparaissent, sans jamais rompre avec les formes qui font la beauté des paysages de campagne. Jamais considérées comme des œuvres achevées, en perpétuel changement, les bâtisses à l’image de celle de Leana, deviennent inédites. Par l’incroyable accumulation de pneumatiques, la propriétaire devenue artisan signe sa demeure d’un cachet pittoresque : possible collectionnite, souci de se protéger, collecte préventive ou choix de l’excentricité, les pneus envahissent le modeste domaine, avec force et fantaisie. Chaque épaisse rondelle de caoutchouc est prétexte à l’utile ou à l’esthétique. Rendre pérennes les formes traditionnelles et jouer avec les ressources de la vie moderne, voilà le pari de Leana pour son logis.
Alice Frech

In the country-side, the house represents the strong bond between man and nature. In the small town of Ciolanesti, a massive Romanian shack rises in the middle of an endless stretch of barren land. Leana, who was born here, owns and proudly watches over the house, despite its run-down foundations. Confronted with a rough climate, Romania entered the history of rural architecture due to its continuous search for a relation with nature. While the first houses were made out of wood, in the 1930s peasants were compelled to face the new realities of collective agriculture. New building materials came along, without altering the lines and shapes which make up the beauty of the country-side landscape. Buildings such as Leana’s house, never completed and always changing, are becoming nowadays an unusual sight. By accumulating an astounding number of pneumatic tires, the owner becomes an artist and gives her house a picturesque touch: whether by a collector’s fever, due to over-protectionism, preventive storage or simply because of an eccentric choice, the tires take hold of this modest property in a very powerful and imaginative way. Moreover, every thick rubber ring is motivated by an esthetical or practical purpose. Preserving traditional lines while playing with modern life resources – this is Leana’s gamble for her house.

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